vendredi 22 juillet 2011

Humaines inhumanités

Notre humanité est en train de s'étioler. Certes, ce mouvement de tension n'est pas nouveau. De tout temps, la part noble de l'humain a été initiée, utilisée, manipulée et exécutée par les fractions les plus viles de notre être.
Dans la bande annonce du film Cowboys et Envahisseurs j'ai relevé la réplique de Harison Ford suivante : J'ai vu des hommes bien faire de mauvaises choses et des hommes mauvais faire de bonnes choses". La dualité des intensions bonnes ou mauvaises et de leurs conséquences, en faveur du Mal, car même tout ce que nous accomplissons, y compris la construction des cathédrales par exemple, sont le plus souvent issus de conflits, de souffrances, d'efforts insensés, de querelles, de luttes de pouvoir, etc. Notre sagesse et notre créativité collectives et individuelles n'est que la partie polie et émergente de la margelle que nous avons érigé au dessus du puits des forces obscures et malfaisantes de notre inconscient. Peu de choses permettent de rendre crédible l'être humain à l'échelon de la vie et de l'univers (pour ne pas parler de Dieu). Il a passé le plus clair de l'histoire de son espèce à prendre des vies, assassiner, voler, violer, piller, envier, contraindre, asservir, exploiter, etc.  C'est une histoire sanglante et douloureuse, présentée de manière édulcorée, l'histoire des vainqueurs. Rien de foncièrement positif et désintéressé sans ce bouillon de bas instincts dénoncés par la foi religion chrétienne notamment (comme avec les tables de la loi de Moïse).Les forces maléfiques et  ancestrales sont si ancrée en nous que le progrès humain (et non simplement technique) est illusoire. L'Homme est destiné à disparaître à brève échéance, victime de sa propre folie, et je ne peux que le souhaiter pour notre planète et notre univers, tant le processus d'autodestruction est avancé. et que nous ne voulons pas voir, agir et encore moins changer. Or le changement est-il une caractère humaine ? Certes, plus que dans le reste du règne animal mais beaucoup moins que ce dont nous sommes capables. Trop de conservatisme pour préserver ce que nous croyons nous revenir. Pas assez de réflexions ou de projets communs. La politique "noble" est l'affaire de tous et occupe toutes les dimensions de la vie matérielle et sociale au delà de toutes les frontières, ethnies, cultures, sexes, religions, opinions, choix de vie, etc. Faire reculer la Folie et la Bêtise humaine, est-ce une utopie ? Mon défaitisme naturel répondrait en effet par l'affirmative, mais mes actes passées, présentes et à venir quant à elles ne sont pas aussi tranchée, et de loin, comme si c'était la voie naturelle. Sinon pourquoi écrirais-je malgré tout  au lieu de me laisser mourir plutôt que de continuer à faire semblant de souscrire à ce monde idiot où je n'ai pas ma place ? La liberté, par exemple, est entravée par des chaines, des barreaux et des murs imaginaires qu'on nous impose (administratifs ou budgétaires par exemple) et que l'on s'impose soi même. La fraternité est, comme le prouve une profusion d'exemples trop nombreux pour être cités, une valeur de plus en plus remise en question par le libéralisme forcené notamment, version moderne de l'esclavage, par la politique lâche et irresponsable, culpabilisatrice, élitiste de notre gouvernement par exemple . L'égalité elle aussi est factice, on le voit tous les jours, avec les procès en court notamment qui prouvent la différence de traitement d'un individu à l'autre en fonction de son origine sociale. Et moi on me traite d'utopiste ? Mais la devise même de notre pays est au mieux un vœu pieu au pire, au pire une mystification utopiste. L'utopie, aujourd'hui consiste aussi à faire comme si on pouvait faire comme si rien n'était, que tout allait bien, que ça allait continuer comme ça, et que dans le cas contraire ce n'est pas de notre faute, mais celle des autres (comme dans la chanson d'Ab Del Malik). Il faut voir les choses en face. Cesser de dire qu'il faut être dans LA réalité, répéter le quotidien qui nous conduit peu à peu vers la mort, donner raison à notre inhumanité.

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