
Le temps d'un silence
Sans parole, il y a le silence, dans le silence, il y a beaucoup de paroles.
Il y a des silences rouges de sangles et de sang, de prostrations étendues où la lumière et la douleur sont de simples événements. Je ne veux pas en être.
Il y a des silences roses complices et paisibles où tes yeux plongent dans les miens et où ton sourire est gai et mystérieux comme un croissant de lune.
Il y a des silences gris, pesants, lourds de sens autant que de conséquences, tandis que se remuent mes entrailles, que mes réactions se gauchisent, et mon corps s’appesantit.
Il y a des silences violets de doutes et de tristesse où on se morfond, où on s’avilit, où on aimerait que la terre nous avale et nous fasse connaître l’oubli.
Il y a des silences orangés, volages, qu’on ne partage avec personne.
Il y a des silences bleus glacés où je ne te parle pas, où tu me manques, mais où mon orgueil éteint mon combiné.
Il y a des silences noirs où ma colère monte et où j’ai peur d’exploser.
Il y a des silences verts pistache de nature et de fantaisie. Je me repose et je jouis de l’instant présent.
Il y a des silences blancs où je ne sais pas quoi dire.
Toutes les couleurs du silence, toutes les nuances existent, il n’est pas de silence qui n’exprime quelque chose.
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