
Le choix iconographique du précédent billet m'a conduit à me souvenir d'un poème en prose que j'avais écrit il y a un peu plus de trois ans, et qui s'intitulait Barricades. J'ai décidé de le publier ici, ainsi que quatre autres extraits de cette période de mon existence. J'ai certes vécu d'autres choses entre temps, j'ai évolué, mais on me retrouve néanmoins assez dans ces textes. Bonne lecture.
Barricades.
J’avance, le casque de kendo sur le chef, j’avance masqué dans la demie pénombre, une grille de fer apposée sur les yeux, dans la perception tronquée de l’existence qui m’échappe à chaque seconde. Le masque est une barricade, élevée à la hâte, mais derrière laquelle je reste muré dans une immuable attente, ne sachant que craindre, que désirer, ne sachant que redouter ou qu’attendre…Je suis pétrifié dans ma forteresse sans visage, n’ayant pas encore appris à en ouvrir les portes. Parfois j’aimerais que quelqu’un sorte, enjambe les décombres, assainisse mes questions en suspens et dise : « Aime moi ». Et j’ouvrirai les bras, m’offrant pour tomber au combat, sans regret, sans haine, sans re-mort. Le silence de nos paroles sera abattu sous les rafales de nos regards et de nos caresses. Et toi, et moi, nous périrons de vivre, plutôt que de mourir d’ennui.
Reflet triste d’une époque décadente
Je est un autre à chaque instant et partout,
Boule multifacette d’une discothèque bondée.
Je m’adapte et me renouvelle à chaque nouveau reflet,
Toujours le même, et pourtant différent.
Sang, chair et esprit,
Avec le cœur d’une prison.
J’ai plusieurs vie, chacune bien distincte de l’autre.
Je me suis libéré de ce qui me liait.
Des faces de l’Amour,
Une liberté libératrice d’énergie et de champ de possibles
Le monde est plein de jolies femmes à aimer et à se faire aimer.
Je sais être beaucoup plus prude sur les choses du cœur.
Je me revêts d’un réalisme et d’un pragmatisme amoureux que je n’ai jamais porté.
Je sais que tous les fruits sont bons et différents quelque soit leur écorce.
A moi de me faire goûter et de goûter à l’autre.
Je leur donnerai ce qu’elles attendent, mais je me préserverai le cœur.
Tu es là, je le sais
Sur l’amplitude de mes raisons d’être,
Quelque part, il y a Toi, Celle que j’attends.
Le monde est peuplé de jolies femmes,
Pléonasme naturel de leur ontologie,
Mais aucune que je regarderais comme Toi.
Peut-on vivre sans la violence des sentiments
Et vivre sans aimer ?
Je ne connais que le froid, le silence et la confusion.
Seras-tu mon phare dans mes ténébreuses tempêtes.
J’ai abandonné ma femme de bon conseil,
J’ai fuis sa tendresse chaude et maternelle
Pour l’inconnu dans l’espoir d’un jour te rencontrer.
Tu es là, je le sais, près de moi derrière le voile de l’air lointain
De la vie qui nous ensommeille.
L’incendie au cœur
Que trouve-t-on sous le vernis qui craquelle ?
Deux fentes de lumière et d’ombre
Six visages et trois cœurs
Dans la poitrine d’une seule femme
Elle sait comme nulle autre vous prendre ou vous écarter
Vous envelopper de ses effluves de mystère
Qui vous emprisonnent chaque jour un peu plus
Et vous laissent dans la bouche un goût de cendre et de sang
Aussi souple et déterminée que la panthère, elle vous encercle sans geste
Elle vous étonnera, faisant de vous un rebelle ou un sage contre vous-même
Et l’ignorer c’est priver sa vie de son sens et de son essence
C’est une drogue à l’accoutumance qui ne sait d’aimer que prononcer le nom
Elle n’émeut pourtant pas par sa force, mais par sa fragilité
On aimerait la prendre par la main, ne pas se défaire de ses bras et de son odeur
Et pourtant, pourtant, la vie est avec elle un perpétuel changement
Une caresse entre deux coups de griffes, et quatre coups du sort
De ses yeux je perçois des aveux
Quel mensonge couvre-t-elle de ses soins ?
Quel secret n’aborde-t-elle jamais, source de sa force et de sa cruauté ?
Le cœur et l’âme des hommes tanguent et se satellisent inexorablement autour d’elle
L’horizon est inexistant si ses yeux ne s’y reflètent pas
Mais on meurt de l’asphyxie que son poison a semée
La tragédie est-elle l’unique genre qu’elle aime écrire ?
Je prétends savoir mais j’ignore tout de ce qu’elle m’affirme : la simplicité
Rouille
Les caprices du temps enlèvent à nos yeux
Les monuments et les statures de notre passé.
Tandis qu’ils vont rouiller sans heurt et sans bruit,
Lorsque les gouttelettes de pluie les ravinent
Et le soleil les craquelle.
À Chacune de nos visites, on les trouve toujours merveilleux,
Ces visages tant aimés, ces objets si familiers,
Mais un moment d’inattention, et à notre retour
Ils ne sont plus que poussière, et chair inerte.
Et on ne peut que pleurer à l’onde de ses souvenirs,
De ne pas être resté, de n’avoir pas pu plus les toucher.
Alors à l’orée de cette peine secrète,
On ne sait pas encore que nous ne sommes
Les monuments, les statures rouillées de demain,
Et que nous ne savons que faire de l’amour des autres.
Reflet triste d’une époque décadente
Je est un autre à chaque instant et partout,
Boule multifacette d’une discothèque bondée.
Je m’adapte et me renouvelle à chaque nouveau reflet,
Toujours le même, et pourtant différent.
Sang, chair et esprit,
Avec le cœur d’une prison.
J’ai plusieurs vie, chacune bien distincte de l’autre.
Je me suis libéré de ce qui me liait.
Des faces de l’Amour,
Une liberté libératrice d’énergie et de champ de possibles
Le monde est plein de jolies femmes à aimer et à se faire aimer.
Je sais être beaucoup plus prude sur les choses du cœur.
Je me revêts d’un réalisme et d’un pragmatisme amoureux que je n’ai jamais porté.
Je sais que tous les fruits sont bons et différents quelque soit leur écorce.
A moi de me faire goûter et de goûter à l’autre.
Je leur donnerai ce qu’elles attendent, mais je me préserverai le cœur.
Tu es là, je le sais
Sur l’amplitude de mes raisons d’être,
Quelque part, il y a Toi, Celle que j’attends.
Le monde est peuplé de jolies femmes,
Pléonasme naturel de leur ontologie,
Mais aucune que je regarderais comme Toi.
Peut-on vivre sans la violence des sentiments
Et vivre sans aimer ?
Je ne connais que le froid, le silence et la confusion.
Seras-tu mon phare dans mes ténébreuses tempêtes.
J’ai abandonné ma femme de bon conseil,
J’ai fuis sa tendresse chaude et maternelle
Pour l’inconnu dans l’espoir d’un jour te rencontrer.
Tu es là, je le sais, près de moi derrière le voile de l’air lointain
De la vie qui nous ensommeille.
L’incendie au cœur
A Hugo, portrait de Julie
Que trouve-t-on sous le vernis qui craquelle ?
Deux fentes de lumière et d’ombre
Six visages et trois cœurs
Dans la poitrine d’une seule femme
Elle sait comme nulle autre vous prendre ou vous écarter
Vous envelopper de ses effluves de mystère
Qui vous emprisonnent chaque jour un peu plus
Et vous laissent dans la bouche un goût de cendre et de sang
Aussi souple et déterminée que la panthère, elle vous encercle sans geste
Elle vous étonnera, faisant de vous un rebelle ou un sage contre vous-même
Et l’ignorer c’est priver sa vie de son sens et de son essence
C’est une drogue à l’accoutumance qui ne sait d’aimer que prononcer le nom
Elle n’émeut pourtant pas par sa force, mais par sa fragilité
On aimerait la prendre par la main, ne pas se défaire de ses bras et de son odeur
Et pourtant, pourtant, la vie est avec elle un perpétuel changement
Une caresse entre deux coups de griffes, et quatre coups du sort
De ses yeux je perçois des aveux
Quel mensonge couvre-t-elle de ses soins ?
Quel secret n’aborde-t-elle jamais, source de sa force et de sa cruauté ?
Le cœur et l’âme des hommes tanguent et se satellisent inexorablement autour d’elle
L’horizon est inexistant si ses yeux ne s’y reflètent pas
Mais on meurt de l’asphyxie que son poison a semée
La tragédie est-elle l’unique genre qu’elle aime écrire ?
Je prétends savoir mais j’ignore tout de ce qu’elle m’affirme : la simplicité
Rouille
Les caprices du temps enlèvent à nos yeux
Les monuments et les statures de notre passé.
Tandis qu’ils vont rouiller sans heurt et sans bruit,
Lorsque les gouttelettes de pluie les ravinent
Et le soleil les craquelle.
À Chacune de nos visites, on les trouve toujours merveilleux,
Ces visages tant aimés, ces objets si familiers,
Mais un moment d’inattention, et à notre retour
Ils ne sont plus que poussière, et chair inerte.
Et on ne peut que pleurer à l’onde de ses souvenirs,
De ne pas être resté, de n’avoir pas pu plus les toucher.
Alors à l’orée de cette peine secrète,
On ne sait pas encore que nous ne sommes
Les monuments, les statures rouillées de demain,
Et que nous ne savons que faire de l’amour des autres.
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