
Il y a des jours comme ça où on a du mal à se lever, à avoir l'envie de bosser, de se heurter aux autres toute la journée, de rencontrer des problèmes de toutes sortes, de faire face à soi même et à tous ses malaises. Il y a des jours où on sait qu'en se couchant on se dira sans doute : "J'aurais mieux fait de ne pas me lever ce matin". Au fond, qu'est ce qu'il y a de mieux qu'être sous la couette ? On a parfois envie d'un break et d'un grand moment de coocooning.
Parfois on en a marre des problèmes, marre des sollicitations, marre des objectifs et des attentes que les autres places en nous. Parfois aller de l'avant mobilise tant d'énergie pour si peu de récompenses. Parfois on n'avance pas du tout en fait, et on reste avec notre frustration et nos doutes. Parfois on est éclusé, vidé, rincé. Et c'est dur de se relancer encore et encore en attendant le prochain week-end. Et parfois même la sortie d'un week-end est elle même plus éprouvante encore. Comment garder l'envie ? Y a des matins où notre compagne du meilleur de la vie et pour laquelle on donne le meilleur de soi n'est plus synchrone avec nous, et c'est pas facile à accepter. On voudrait être s'enterrer au creux du lit et ne plus se relever, mais pourtant, pourtant... On le fait quand même, parce qu'on le doit, et que des personnes comptent sur nous. Parce qu'on n'est pas des tires aux flancs. On est juge de soi même aussi durement que le regard des autres est un aiguillon de chaque instant. On finit par se lancer, et on se jette dans le combat de la vie, pour en revenir encore plus fatigué. On finit par être encombré, étouffé de tout ce qui s'ajoute peu à peu à la pile des choses que l'on a à accomplir. Combien de vies faut il pour être satisfait ?
Il y a aussi ce qu'on fait pour les autres pour ne pas accomplir de choses pour soi même, car on ne se croit pas à la hauteur. En fait fuir, ou se fuir est tellement commode... C'est comme se lever le matin. On est tellement mieux au chaud, dans son confort... Le doute est spécifique à notre humanité, comme l'est l'humour. Le doute crée cette espace de liberté dans d'interrogations personnelles qui permet de se relancer et de mesurer nos contradictions, et les lieux d'incertitudes, de risques, d'angoisses. Il peut être plus ou moins long et plus ou moins douloureux. Mais le doute ou la sortie du doute peuvent conduire à une impulsion qui nous relancent soit dans la voie qu'on a devant soi, soit vers une autre.
Souvent on a le courage ou non de s'y coller et finalement on finit par avancer quand même. Mais il arrive parfois qu'on soit empêtré dans le doute et dans l'impossibilité de faire un choix. Ce doute qui dure, mais qui peut aussi être récursif peut conduire à l'enlisement et à la dépression. Car le doute peut devenir questionnement sur soi et sur les mécanismes de notre personnalisé et sur nos (dé)motivations. Quand est ce que le doute et le besoin de se retourner finit-il par devenir menaçant et destructeur ? Voici un nouveau doute par un jeu de mise en abîme...
On est souvent son propre adversaire, sans même s'en douter. Pour ceux (et ils sont nombreux) à connaître la saga de Starwars, il faut pouvoir à un moment se mettre dans la situation de Luke Skywalker qui va affronter Dark Vador dans une caverne (l'Empire contre attaque), le tue et se rend compte que c'est son propre visage sous le masque de Vador. Il vient en quelque sorte d'affronter son propre coté obscur. Au fond de nous même nous avons des forces négatives, des léthargies, des colères réprimées, des rancoeurs, de remords, des incompréhensions, bref des conflits intérieurs non résolus. Faire face à ses démons c'est déjà résoudre une grande partie de nos problèmes de progression personnelle, c'est se prendre en main. C'est évidemment beaucoup plus facile à énoncer qu'à mettre systématiquement en application. On rechigne tous en général à creuser les propres galeries de sa conscience. Faites ce que je dis et non ce que je fais. Nous en sommes là. La vie est un combat dit-on. Si dans nos pays riches et industrialisés nous avons beaucoup moins besoin de nous battre pour notre nourriture, l'eau, la sécurité, notre survivance même, le combat n'est pas moins vif aux tréfonds de notre être, dans tous les conflits de notre personnalité. Que l'on se considère sain d'esprit ou non, nous possédons tous de tels agitations et doutes en nous, qu'on le reconnaisse ou pas. Un travail peut être fait à ce sujet, une vraie aventure sur le terrain de notre esprit que nous croyons si bien connaître, et qui a pourtant encore tant de mystères.
1 commentaire:
C'est un combat que l'on nous a imposé en nous donnant la vie.
Et que ceux qui donnent la vie imposent à leur descendance.
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